Nicolas Friedli

consultant web indépendant

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Le web protestant romand se meurt !

mardi 13 juin 2017, par Nicolas Friedli

Incapable de créer des contenus de valeur et de tisser des liens pertinents, le web protestant est en train de disparaître. Les réseaux sociaux masquent — mal — les carences toujours plus grandes de la galaxie réformée romande.

Les exemples sont cruels. Des recherches telles que « mariage à l’église », « étudier la théologie » ou « formation diacre » renvoient très souvent à des sites français ou catholiques. Et lorsqu’ils aboutissent sur des sites réformés romands, les pages sont souvent dépassées lorsqu’elles existent encore.

Des liens de façades !

Le premier problème du web protestant romand, c’est de produire des liens sans intérêt. Le propre du web, c’est de se construire sous forme de toile composée de contenus et de liens. Insérer un lien dans un contenu, ce devrait être la norme.

Les sites institutionnels dont on parle se contentent de renvoyer à eux-mêmes — souvent de manière complexe, voire confuse. Et quand ils renvoient ailleurs, c’est pour citer une page d’accueil que tout le monde trouve via Google sans même s’en rendre compte.

Mettre Cèdres Formation dans ses liens, ça n’apporte rien. Alors que dire que Cèdres formation propose une excellente formation pour approfondir les questions théologiques a un sens.

Renvoyer à des contenus précis, de valeur, avec un intitulé clair, c’est la base de tout.

Inbound Marketing, c’est quoi ?

L’idée est simple : produire un contenu de qualité, qui sera trouvé par les moteurs de recherche, partagé par des blogueurs et des webmasters, diffusé sur les réseaux sociaux. Penser inbound marketing en contexte protestant réformé n’a rien de compliqué. Il faut le vouloir, c’est tout.

Au lieu d’accumuler des agendas, de flyers, des annonces, il faudrait une fois penser à rédiger du vrai contenu. Quand je parle de contenu, je pense à autre chose qu’à des règlements et des procès-verbaux...

Si des contenus de qualité existent dans le web protestant romand, ça m’intéresse d’en être informé. Je n’en trouve plus...

État de faiblesse généralisée

Aujourd’hui, il est quasiment impossible de parler de certains sujets en proposant des liens tant c’est vide ou pénible. Que diriez-vous d’un stage de découverte du métier de diacre ?

Il est tout aussi difficile de « recevoir du soutien » lorsqu’une initiative est lancée. Qui fera un lien, à partir d’une bonne page, pour propulser une contenu ? Personne, pour 2 raisons. D’une part parce que personne de fait de lien ; d’autre part parce que personne ne dispose plus de pages fortes !

C’est triste, mais c’est ainsi. Lorsqu’un blogueur renommé me cite, c’est des centaines de visites dans les 2 heures. Lorsqu’une information ecclésiale est partagée sur les réseaux sociaux, c’est 20 visites dans la journée.

À part ProtestInfo et Armin Kressmann, pas grand monde pour renvoyer aux bons contenus.

On se réveille quand ?

Les désastre rédactionnel — et technique, mais c’est une autre histoire... — pourra durer longtemps encore. Les personnes qui connaissent l’EREN, l’EERV, l’EPG, etc. tombent facilement sur les sites de ces institutions. Tout va bien ! On reste en vase clos avec la certitude de ne pas toucher une seule une nouvelle personne.

« Tu ne connais l’acronyme de l’Église de ton canton ? Passe ton chemin. »

« Tu parles de “mariage à l’Église” alors qu’il s’agit d’une bénédiction ? Tu ne comprends rien. »

« Tu aimerais devenir diacre sans savoir que l’OPF en est responsable ? C’est pas sérieux. »

C’est confortable, parce que cela plaît aux habitués. Ça permet de remettre les incultes à leur place. C’est suicidaire.

Mais jusqu’ici, tout va bien !