Nicolas Friedli

consultant web indépendant

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Et alors, j’aurai des statistiques ?

mercredi 1er février 2017, par Nicolas Friedli

Presque à chaque fois que j’ai créé un site web, j’ai activé les statistiques Google Analytics. Les clients posent la question rituelle :

Et alors, j’aurai des statistiques ?

Bien entendu, j’aurais pu leur dire qu’il existe d’autres moyens de disposer de statistiques : celles du serveur ou par un outil dédié comme Piwik. Mais il était plus simple de proposer quelque chose qui a « Google » dans son nom...

En soi, ce n’est pas forcément un mauvais choix. Ce système est utilisé par beaucoup — il permet des comparaisons —, il est installé en 5 minutes et il est plutôt bon. Mais...

D’une part il participe à la surveillance généralisée et fournit une masse d’information à Google. Avec cette question : est-il acceptable que mon site soit complice de cette surveillance ?

D’autre part je ne compte plus le nombre de cas dans lesquels le client ne m’a jamais demandé accès à ces statistiques ! Comme si le fait de savoir qu’elles peuvent exister était suffisant.

Il y a peut-être un peu de défiance derrière la question rituelle ; si le créateur du site n’est pas prêt à me fournir des statistiques, c’est parce qu’il n’est pas certain que mon site attirera son monde.

Dans le cas d’une petite entreprise ou d’un indépendant, il me semble plus important de mesurer les retours directs : nouveaux contrats, discussions avec les clients, etc.

Le paradoxe de cette histoire c’est que j’ai parfois utilisé les statistiques — dont le client se fout — pour lui montrer que son site fonctionne. Combien de fois ai-je entendu : « Madame Michu n’a pas trouvé cette page ! » ou « Monsieur Tartempion trouve que cette page est mal référencée. » ? Dans ces cas précis, un recours aux statistiques permet de démontrer que la page mal référencée est celle qui attire le plus de monde en entrée sur le site et que Madame Michu semble bien seule dans son cas.

Je me vois mal désactiver Google Analytics sans n’en rien dire au client, je constate que sa complicité dans la surveillance lui importe peu, je sais qu’il ne les consulte pas. La lâcheté consiste à continuer de prendre 5 minutes et à ne rien changer. Je n’en suis pas très fier.